Sables vivants

Sable mouvant, sable vivant !

Le sable. Une matière minérale composée de milliards de grains issus d’une multitude de roches, de cristaux, de coquilles, de fossiles. Une matière que l’on croit uniforme alors qu’elle contient, en réalité, une mémoire immense. Des traces de végétaux. Des fragments d’animaux. Des vestiges de vies anciennes.

Par une fin de matinée estivale, le jour d’une grande marée, le soleil était au zénith. Aucun nuage ne venait filtrer sa lumière. Il se reflétait sur les bancs de sable humide encore gorgés d’eau de mer.

L’eau, source de vie sur notre Terre.

Le sable, matière minérale façonnée par le temps. Et sur sa surface, des formes éphémères révélées par une marée exceptionnelle.

Tout était réuni.

La lumière. L’eau. Le minéral. Le mouvement. Le hasard. Et surtout l’imaginaire.

Ces formes n’étaient destinées à durer que quelques heures. Peut-être quelques minutes. La marée suivante les effacerait. Pourtant, durant cet instant suspendu, elles semblaient raconter quelque chose. Un langage sans mots. Une écriture provisoire déposée par la mer.

La série Sables vivants est née de cette rencontre.

Un hommage au monde minéral, que l’on considère encore trop souvent comme inerte, immobile, sans vie. Et pourtant, le minéral vibre. Il se transforme. Il accueille. Il nourrit. Il conserve les traces. Il représente ici le chiffre 1. La matière première. Celle qui précède et soutient les autres formes de vie. Une matière composée d’atomes dont les agencements peuvent atteindre une complexité extraordinaire. Puis vient le végétal, le 2. L’animal, le 3. Et l’être humain, le 4. Quatre étapes. Quatre expressions d’un même Grand Œuvre. Peut-être que la vie ne commence pas avec ce qui respire.

Peut-être commence-t-elle bien avant, dans la matière silencieuse qui rend tout le reste possible.

Série réalisées avec un Nikon D300 – en août 2010, sur la plage de Saint-Martin et de Berneval le grand, dans le 76.

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